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Table des matières

Chapitre 8 : Le modèle structuro-fonctionnel et le processus de changement

Modélisation des deux somatanalyses

 

  • Les somatogrammes

  •  Nos deux protagonistes ont subi un traumatisme sexuel vers dix sept ans. Nous pouvons appréhender cet événement comme un « lieu de mort » et le représenter par un berlingot situé un peu vers la droite (lieu de vie adulte et vers le bas (lieu du vécu corporel).

     

     Schéma 12 : Somatogrammes de Juliette et Simon

     Les réactions à cet événement ont été opposées. Juliette s'est réfugiée dans un comportement de nymphomane, séductrice, engageante, anorgasmique et inconstante : nous pouvons y voir un « lieu de vie » situé vers la gauche (réceptif et relationnel) et le bas (corporel, sensuel). Simon investit un lieu de vie très contrôlé et relationnel (à droite), mental et coupé du corps (en haut). Nous obtenons ainsi les deux somatogrammes de nos deux analysants, les deux instantanés de leur fonctionnement actuel réduits aux aspects majeurs de leur vie affective. Le somatogramme se complète évidemment d'autres lieux – de vie, de mort et en suspens – si l'on se donne la peine de creuser les autres fonctionnements.

     

    • La cure de Juliette

    •  Ce somatogramme représente l'habitus (habitat et habitude) bien fixé de Juliette autour de ses vingt-six ans. Mais voici que la thérapie vient faire irruption sur ce territoire, se situant par rapport à ses lieux habituels comme suit, laissant son lieu de vie « allumeur » « hors situation ».

       

      Schéma 13 : Modélisation de la cure de Juliette

       La suite des événements se dessine clairement :

      • très vite, Juliette entre dans l’événement thérapeutique : phase 1 ;

      • puis elle s'ouvre au transfert et glisse dans les lieux de l'émotion, de la tendresse et de l'affection, c'est le propre de cette « présence à l'événement » de rendre mobile et de permettre d'amples déplacements sur le territoire structuro-fonctionnel : phase 2 ;

      • elle reste longuement dans ce lieu « essensiel » s'y intégrant et réintégrant, y puisant la capacité de reprendre le chemin de l'attensionnalisation, vers la droite, effaçant au passage son lieu de mort en apprenant à assumer des tensions aussi fortes que l'orgasme, par le cri, la confrontation, l'implication relationnelle: phase 3.

         

      • La cure de Simon

      •  Simon accepte aussi la confrontation à la situation thérapeutique mais y répond très différemment, il ne se laisse pas happer par l'événement, il campe dans son attitude distante, « attensionnelle », aidé en cela par la stabilité que donne précisément la « présence à l'attensionnel ».

        Sur notre carte, cela se représente par un glissement très précautionneux à cheval sur la ligne essensio-attensionnelle toujours avec une prédominance de la structure sur le processus : phase 1 ;

        Cela lui évite la mobilité qui le ferait régresser, le maintien en ses lieux et places, mais lui permet quand même de timides rencontres amicales. Ces événements, il les gère comme un apprentissage, acceptant de se référer à son thérapeute : phase 2.

         

         Schéma 14 : Modélisation de la cure de Simon

         

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